Une étude sur la diversité des manières de gérer Drosophila suzukii par les producteurs de cerises (Bourgez, Fellous et Salembier, 2026) :
Nous avons conduit une enquête pour caractériser les pratiques des agriculteur·rices pour gérer Drosophila suzukii sur leurs parcelles. L’objectif était d’éclairer les différentes manières de faire pour gérer le ravageur, et ainsi comprendre les problèmes posés par le retrait des pesticides. Nous partons du postulat qu’il est essentiel de connaître ce qui est fait actuellement, et donc de caractériser les problèmes que les agriculteur·ices rencontrent pour penser la problématique sur la filière. Cette étude a été conduite dans le cadre du PARSADA sur Drosophila suzukii en cerise.
Dès le départ, nous avons pensé cette étude en lien direct avec les professionnels de la filière (conseiller·ère, expérimentateur·ice, distributeur·ice…), notamment en construisant avec eux et elles comment les résultats pourraient leur être utiles dans leur métier. Puis, nous avons conduit plus de 40 entretiens chez des agriculteur·ices de plusieurs bassins de production (Rhône, Loire, Vaucluse, Ardèche, Aveyron…).
Au travers d’un travail robuste d’analyse de données, qui a été éprouvé sur d’autres filières (par exemple : gestion du Phoma du colza), nous avons traité l’ensemble des entretiens pour faire ressortir les grandes manières de gérer DS. Nos résultats amènent différents points complémentaires :
- Un aperçu de la diversité des actions mobilisées par les agriculteur·ices pour gérer Drosophila suzukii dans les vergers jusqu’à la commercialisation de la production. Des éléments que nous pouvons mettre au regard des connaissances sur la biologie de la mouche et observer comment les agriculteurs décrivent leurs actions. Ces informations stimulent fortement les pistes de travail pour la R&D.
- La mise en lumière de 5 itinéraires de gestion, c’est-à-dire les combinaisons de leviers que les agriculteur·ices mettent en place dans le verger et jusqu’à la commercialisation, selon la gestion DS. De nombreuses informations sont liées à ces combinaisons, avec le contexte dans lequel elles sont mises en place (par exemple : type de pédoclimat, canaux de commercialisation, …). Telles que décrites, elles permettent de retracer la logique mise en place par l’agriculteur·ice.
Les devenirs de 4 situations d’exploitations, pour comprendre comment ces exploitations gèrent DS sur leur production et leur vulnérabilité au regard des évolutions de contexte à venir (ex. Retrait produit phytosanitaire). Ces résultats décrivent la nécessité d’ancrer la production de cerise et la logique de l’agriculteur·ice dans un contexte plus global, entre maillage territorial, liens entre les productions et contraintes socio-économiques.
Une fois produits, nous avons transmis ces résultats à différent acteur·ices de la filière au travers d’échange, de communications orales et de transmission écrite (en cours).
Nous travaillons toujours à la valorisation et à la communication de ces résultats pour divers objectifs : travail réflexif sur l’appropriation des leviers de R&D, travail prospectif sur le devenir de la filière, ressource pour défendre les intérêts de la diversité des agriculteur.rices…
