Elle fait parler d’elle depuis une dizaine d’années déjà : la TIS (Technique de l’Insecte Stérile) sonne comme une promesse dans la gestion de la mouche.
Son déploiement, prévu pour les mois/années à venir, soulève de nombreuses questions : quel modèle d’organisation est souhaité par les arboriculteur·ices et autres acteur·ices du monde agricole ? Quelles seront les structures impliquées ?
Terco rassemble les concerné·es afin de réfléchir ensemble sur ces modalités, et intégrer au mieux la TIS dans la gestion de Drosophila suzukii :
– Atelier sur la gouvernance de la TIS au forum Drosophila suzukii de décembre 2025
– Atelier de formalisation d’un cahier des charges pour un projet d’industrialisation en mars 2026 ; nomination de 2 producteurs référents sur le dossier.
La TIS : présentation
Le principe général de cette technique consiste à lâcher des mâles stérilisés dans la population sauvage de l’insecte, afin d’empêcher la trop grande reproduction des individus (CTIFL, 2023). Grâce à cela, la population peut plus facilement être maîtrisée.
La méthode de la TIS comporte plusieurs étapes :

*pupes : stade intermédiaire de l’insecte entre larve et adulte ; *sexage : séparation des femelles et des mâles
La TIS présente de nombreux avantages :
- Elle permet de diminuer l’usage de pesticides
- Elle est spécifique à l’espèce ciblée et n’impacte pas le reste de la biodiversité
- Elle permet d’atteindre certaines zones jusque-là inaccessibles (forêts, friches…)
En parallèle, quelques difficultés sont à prendre en compte :
- Le coût de l’investissement initial est élevé, autant en termes de technologies (recherche, génétique, modélisation) que d’infrastructures (élevages, irradiation)
- Son déploiement demande une organisation spécifique : transport, lâchers, suivi des populations.
- Son efficacité dépend de l’implication de tous les membres d’un territoire, spécifiquement pour un usage en verger
Il est important de noter que la TIS ne permet pas à elle seule d’éliminer la population de Drosophila suzukii : c’est pour cela qu’elle doit être réfléchie en combinaison avec les autres leviers de gestion. Dans le cadre du projet TerCo, nous réfléchissons à l’intégration de cette technique en parallèle du reste des pratiques.
Pourquoi réfléchir à un modèle organisationnel de la TIS ?
Les vergers s’inscrivent dans un paysage composé d’une multitude d’éléments : forêts, haies, jardins, parcelles voisines, … Ils ne sont pas confinés comme les fraises et framboises sous abri. Or, Drosophila suzukii se déplace : la population présente sur un élément du paysage peut donc influencer les populations des autres éléments.
Par conséquent, la gestion de Drosophila suzukii peut être réfléchie à une échelle plus vaste que celle de la parcelle.
Déployer la TIS demande une réflexion sur le modèle souhaité et les acteurs impliqués pour répondre à toutes les questions qui se posent, par exemple :
- Comment acheminer les insectes depuis leur lieu de production jusqu’aux parcelles ? Qui peut s’en charger ?
- Qui effectue les lâchers au sein des parcelles ? Comment coordonner ces lâchers et savoir à quel moment les faire ?
- Que faire des vergers abandonnés et des arbres des particuliers, eux aussi hôtes de Drosophila suzukii ?
La gestion peut aussi bien s’imaginer comme étant prise entièrement en charge par une entreprise privée, que par la collectivité, ou en divisant les champs d’action et de compétence.
Il paraît essentiel d’intégrer les acteur·ices directement concerné·es dans ces réflexions : c’est pour cette raison que lors du forum Drosophila suzukii de décembre de 2025, nous avons réfléchi collectivement aux modèles d’organisation envisageables. Retrouvez les présentations issues de leur réflexions en atelier ci-dessous.
